Heures supplémentaires BTP : règles, calcul, majoration 2026

Charlie Piancatelli
Publié le
Mis à jour le : Majorations, preuve, trajets et jours fériés corrigés selon le Code du travail ; contingent : sources divergentes rapportées ; chiffres non sourcés retirés.
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Heures supplémentaires BTP : règles, calcul et majoration
10 min

Points clés :

  • Une heure supplémentaire est une heure accomplie au-delà de 35 heures par semaine civile, à la demande ou avec l’accord, même implicite, de l’employeur.
  • À défaut d’accord, la majoration est de 25 % pour les 8 premières heures (36e à 43e) et de 50 % au-delà ; un accord collectif peut fixer d’autres taux, d’au moins 10 %.
  • En cas de litige, la preuve est partagée : le salarié présente des éléments précis, l’employeur fournit les éléments justifiant les horaires réalisés.
  • Au-delà du contingent annuel, fixé par la convention ou l’accord applicable, s’ajoute une contrepartie obligatoire en repos ; dans le bâtiment, les sources ne donnent pas le même contingent.

Définition : Une feuille d’heures est le document qui recense, jour par jour, les heures réellement travaillées par un ouvrier sur chantier, base indispensable au calcul des heures supplémentaires. Cet article détaille les règles, le calcul et les taux de majoration applicables en 2026, avec des exemples concrets de chantier. La calculatrice de temps de travail de Tim donne le total de la semaine et les heures supplémentaires à partir des heures d’arrivée, de départ et de pause.

Que vous soyez artisan, conducteur de travaux ou responsable RH, maîtriser ces règles protège votre entreprise autant que vos équipes.

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Qu’est-ce qu’une heure supplémentaire dans le BTP ?

Une heure supplémentaire dans le BTP est toute heure de travail effectuée au-delà de la durée légale de 35 heures par semaine, à la demande ou avec l’accord de l’employeur. Elle ouvre droit à une majoration de salaire ou, selon accord, à un repos compensateur équivalent.

La durée légale de référence

Le décompte des heures supplémentaires repose sur la semaine civile, du lundi 0 h au dimanche 24 h, sauf accord prévoyant une autre période. La durée légale reste fixée à 35 heures hebdomadaires (article L3121-35 du Code du travail pour la semaine civile).

Heures commandées et heures tolérées

  • Les heures effectuées à la demande explicite de l’employeur sont dues et majorées.
  • Les heures accomplies avec son accord implicite (chantier à finir en urgence) le sont également.
  • Les heures qu’un salarié réalise de sa propre initiative ne peuvent pas être réclamées, sauf si l’accord de l’employeur, même implicite, est établi : par exemple quand il valide ces heures dans le système de pointage (fiche Service-Public F2391).

C’est précisément là que la feuille d’heures BTP dématérialisée devient décisive : elle trace ce qui a été réellement travaillé et validé.

Taux de majoration des heures supplémentaires en 2026

À défaut d’accord, les heures supplémentaires sont majorées de 25 % pour les 8 premières heures (de la 36e à la 43e), puis de 50 % au-delà, selon le Code du travail. Un accord d’entreprise ou de branche peut fixer d’autres taux, sans descendre sous 10 % : vérifiez celui qui s’applique à votre entreprise.

Barème applicable

Le taux de majoration dépend du rang de l’heure supplémentaire dans la semaine. Voici la structure de référence prévue par le Code du travail, applicable à défaut d’accord.

Heures concernées Taux de majoration
De la 36e à la 43e heure (8 premières) + 25 % de majoration
À partir de la 44e heure + 50 % de majoration

Ces taux figurent à l’article L3121-36 du Code du travail. Un accord d’entreprise, d’établissement ou de branche peut fixer d’autres taux, au minimum 10 % (article L3121-33).

Repos compensateur de remplacement

L’employeur peut remplacer tout ou partie du paiement majoré par un repos équivalent. Une heure majorée à 25 % ouvre alors droit à 1 h 15 de repos, une heure majorée à 50 % à 1 h 30. Cette option est prévue par accord collectif ; sans délégué syndical, l’employeur peut la mettre en place si le CSE ne s’y oppose pas (article L3121-37).

Comment calculer les heures supplémentaires

Pour calculer une heure supplémentaire, on multiplie le taux horaire brut par le coefficient de majoration. Hypothèse : un ouvrier payé 15 € brut de l’heure qui a travaillé 40 heures dans la semaine touche 5 heures majorées à 25 %, soit 5 × 15 × 1,25 = 93,75 € pour ces heures.

Cas d’usage chantier

Hypothèse : un maçon rémunéré 16 € brut de l’heure qui, lors d’une semaine de coulage de dalle, effectue 45 heures pour tenir les délais météo. Le calcul se décompose ainsi :

  • 35 heures normales : 35 × 16 = 560 €
  • 8 heures à + 25 % (36e à 43e) : 8 × 16 × 1,25 = 160 €
  • 2 heures à + 50 % (44e et 45e) : 2 × 16 × 1,50 = 48 €

Soit un brut hebdomadaire de 768 €, au lieu de 45 × 16 = 720 € sans majoration. Sur un mois chargé, l’écart devient significatif pour la trésorerie de l’entreprise comme pour la fiche de paie de l’ouvrier.

Pour automatiser ces décomptes sans erreur, un outil de suivi des heures de chantier calcule directement les seuils et majorations à partir du pointage réel. Vous pouvez aussi tester une calculatrice de temps de travail pour vérifier vos totaux.

La feuille d’heures est la preuve indispensable des heures supplémentaires

En cas de litige sur les heures supplémentaires, la preuve est partagée : le salarié présente des éléments suffisamment précis sur les heures qu’il réclame, et l’employeur fournit au juge les éléments justifiant les horaires réellement effectués. Sans décompte fiable, l’employeur n’a rien à opposer aux éléments du salarié.

Ce que dit la jurisprudence

Selon la Cour de cassation (18 mars 2020, n° 18-10.919), le salarié doit présenter des éléments suffisamment précis sur les heures qu’il réclame, afin que l’employeur, qui contrôle les heures de travail, puisse y répondre en produisant ses propres éléments ; le juge tranche au vu des éléments des deux parties. L’article L3171-4 du Code du travail impose à l’employeur de fournir au juge les éléments justifiant les horaires réalisés.

Ce que le décompte doit contenir

Quand les salariés ne travaillent pas selon le même horaire collectif affiché, l’article D3171-8 du Code du travail impose :

  • chaque jour, l’enregistrement des heures de début et de fin de chaque période de travail, ou le relevé du nombre d’heures accomplies ;
  • chaque semaine, le récapitulatif du nombre d’heures accomplies par chaque salarié.

Le chantier, la ventilation entre heures normales et supplémentaires et la validation par le salarié ne sont pas imposés par ce texte, mais facilitent la réponse de l’employeur en cas de litige.

Si l’entreprise utilise un système d’enregistrement automatique, celui-ci doit être fiable et infalsifiable (article L3171-4). Pour tout savoir sur les exigences légales, consultez notre analyse de la feuille d’heures dématérialisée et sa conformité légale en 2026.

Contingent annuel d’heures supplémentaires

Le contingent annuel d’heures supplémentaires est fixé par la convention ou l’accord collectif applicable à l’entreprise. Au-delà, chaque heure supplémentaire ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos, en plus de la majoration salariale. Dans le bâtiment, les sources officielles ne donnent pas le même contingent.

Fonctionnement du contingent

Les heures supplémentaires sont accomplies dans la limite d’un contingent annuel. Seules les heures effectuées au-delà de la durée légale s’y imputent ; celles compensées par un repos équivalent n’y entrent pas (article L3121-30 du Code du travail).

Le contingent dans le bâtiment : ce que dit chaque source

Source Contingent annuel par salarié
FFB, Café juridique n° 10 (mai 2025) 180 heures ; 145 heures si l’entreprise pratique l’annualisation
Code du travail numérique (ouvriers et ETAM du bâtiment) 180 heures
Accord national du 6 novembre 1998, texte consolidé sur Légifrance (Titre II, modifié par l’avenant n° 2 du 7 mars 2018) 265 heures ; 300 heures pour les salariés dont l’horaire n’est pas annualisé

Ces sources ne concordent pas : vérifiez le contingent applicable à votre entreprise auprès de votre organisation professionnelle ou de votre expert-comptable. Dans les travaux publics, le contingent est à vérifier dans la convention ou l’accord applicable à l’entreprise.

Contrepartie obligatoire en repos

Pour les heures effectuées au-delà du contingent, la contrepartie en repos s’ajoute au paiement majoré. À défaut d’accord, elle est de (article L3121-38) :

  • 50 % des heures hors contingent dans les entreprises de 20 salariés au plus
  • 100 % des heures hors contingent dans les entreprises de plus de 20 salariés

Autrement dit, dans une entreprise de plus de 20 salariés, une heure supplémentaire hors contingent génère une heure entière de repos. Un suivi du cumul annuel permet d’anticiper ce seuil.

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Heures supplémentaires et jours fériés, intempéries, déplacements

En principe, le trajet entre le domicile et le chantier n’est pas du temps de travail effectif ; s’il dépasse le temps normal de trajet, il donne lieu à une contrepartie en repos ou financière. Le temps de trajet entre deux lieux de travail, par exemple entre deux chantiers, constitue un temps de travail effectif.

Ces règles figurent à l’article L3121-4 du Code du travail et dans la fiche Service-Public sur le temps de trajet. Pour un salarié itinérant, la Cour de cassation (23 novembre 2022, n° 20-21.924) a jugé que le trajet entre le domicile et le premier ou le dernier client est du temps de travail effectif quand le salarié reste à la disposition de l’employeur pendant ce trajet.

Le cas des intempéries

Dans le BTP, l’employeur peut arrêter un chantier quand les intempéries rendent le travail dangereux ou impossible. Le salarié peut alors voir sa perte de salaire compensée, sous certaines conditions, par le chômage-intempéries (article L5424-6 du Code du travail), et l’employeur peut aussi décider de faire récupérer les heures (fiche Service-Public F17047).

Jours fériés et heures supplémentaires

La loi ne prévoit de majoration que pour le 1er mai travaillé, dont la rémunération est doublée ; pour les autres jours fériés, une majoration n’existe que si la convention, un accord ou un usage de l’entreprise la prévoit (fiche Service-Public F2405). Les heures supplémentaires de la semaine restent décomptées et majorées selon les règles ci-dessus.

Pour comprendre le traitement complet de ces journées particulières, consultez notre guide sur la rémunération des jours fériés dans le BTP en 2026.

Digitaliser le suivi des heures pour fiabiliser la paie

Digitaliser le suivi des heures permet de calculer automatiquement les seuils de majoration, le contingent annuel et les repos compensateurs, tout en produisant une preuve horodatée conforme. L’employeur dispose ainsi des éléments à fournir au juge en cas de litige sur les horaires.

Les limites du papier et d’Excel

Un relevé papier ou un tableur repose sur des saisies et des reports manuels, sans horodatage.

Ce qu’un pointage centralisé apporte

  • Pointage géolocalisé et horodaté par chantier
  • Calcul automatique des majorations 25 % / 50 %
  • Alerte en cas d’approche du contingent annuel

Des solutions comme TIM Management intègrent ces fonctions au sein d’un pointage digital mobile de chantier pensé pour les réalités du terrain.

Maîtriser les heures supplémentaires dans le BTP en 2026 repose sur trois piliers : connaître les taux de majoration (25 % puis 50 % à défaut d’accord), vérifier le contingent annuel applicable à l’entreprise, sur lequel les sources divergent dans le bâtiment, et disposer d’un décompte des heures fiable. Un décompte rigoureux protège autant la trésorerie de l’entreprise que les droits des ouvriers, tout en sécurisant l’employeur en cas de litige. Pour transformer votre suivi des heures en avantage concret, découvrez comment le suivi des heures de chantier de TIM Management automatise le calcul des majorations et vous fait gagner un temps précieux chaque semaine.

Sources

  1. Service-Public, fiche F20712 « Le temps de trajet du salarié est-il considéré comme du temps de travail ? » (6 oct. 2026)
  2. Code du travail, art. L3121-4 (temps de déplacement professionnel) (6 oct. 2026)
  3. Code du travail, art. L3121-28 (heure supplémentaire : majoration ou repos équivalent) (6 oct. 2026)
  4. Code du travail, art. L3121-30 (contingent annuel, heures imputées) (6 oct. 2026)
  5. Code du travail, art. L3121-33 (accord : majoration ≥ 10 %, contingent, contrepartie en repos) (6 oct. 2026)
  6. Code du travail, art. L3121-35 (semaine du lundi 0 h au dimanche 24 h) (6 oct. 2026)
  7. Code du travail, art. L3121-36 (majorations légales 25 % / 50 %) (6 oct. 2026)
  8. Code du travail, art. L3121-37 (repos compensateur de remplacement sans délégué syndical) (6 oct. 2026)
  9. Code du travail, art. L3121-38 (contrepartie obligatoire en repos : 50 % / 100 % selon l'effectif) (6 oct. 2026)
  10. Code du travail, art. L3171-4 (preuve des horaires en cas de litige) (6 oct. 2026)
  11. Code du travail, art. D3171-8 (décompte quotidien et récapitulatif hebdomadaire) (6 oct. 2026)
  12. Code du travail, art. L5424-6 (indemnisation des intempéries dans le BTP) (6 oct. 2026)
  13. Cour de cassation, chambre sociale, 18 mars 2020, n° 18-10.919 (preuve des heures supplémentaires) (6 oct. 2026)
  14. Cour de cassation, chambre sociale, 23 novembre 2022, n° 20-21.924 (trajets des salariés itinérants) (6 oct. 2026)
  15. Service-Public, fiche F2391 « Heures supplémentaires d'un salarié du secteur privé » (6 oct. 2026)
  16. Service-Public, fiche F2405 « Jours fériés et ponts dans le secteur privé » (6 oct. 2026)
  17. Service-Public, fiche F17047 « Absence d'un salarié pour cause d'intempéries : quelles sont les règles ? » (6 oct. 2026)
  18. Code du travail numérique, Ouvriers du bâtiment (plus de 10 salariés) : contingent de 180 heures (6 oct. 2026)
  19. Code du travail numérique, Ouvriers du bâtiment (jusqu'à 10 salariés) : contingent de 180 heures (6 oct. 2026)
  20. Code du travail numérique, ETAM du bâtiment : contingent de 180 heures (6 oct. 2026)
  21. FFB, Café juridique n° 10 : contingent bâtiment de 180 heures, 145 heures en cas d'annualisation (6 oct. 2026)
  22. Légifrance, accord national du 6 novembre 1998 (BTP), Titre II consolidé, modifié par l'avenant n° 2 du 7 mars 2018 : 265 heures, + 35 heures sans annualisation (6 oct. 2026)
Charlie Piancatelli

Rédigé par

Charlie Piancatelli

Co-fondateur de Tim Management

Co-fondateur de Tim. Traducteur officiel des problématiques du BTP en solutions qui marchent vraiment. Passionné par les logiciels du bâtiment et les solutions RH, il transforme le pointage, la planification et la gestion des équipes en outils simples, fluides et enfin utilisables sur chantier. Son truc : comprendre le terrain, éliminer la paperasse et faire gagner du temps aux pros qui n’en ont jamais. Objectif : moins d’administratif, plus de chantiers qui avancent

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Méthode

Rédigé avec assistance IA, vérifié par Charlie Piancatelli le 5 oct. 2026. Article rédigé avec assistance IA. Règles et chiffres contrôlés le 06/10/2026 sur le Code du travail numérique, Légifrance, Service-Public et la FFB.

Résumer cet article avec :

Questions fréquentes

Les heures supplémentaires se décomptent au-delà de 35 heures par semaine civile, qui est la durée légale de travail. À défaut d’accord, chaque heure effectuée entre la 36e et la 43e est majorée de 25 %, puis de 50 % à partir de la 44e heure. Un accord collectif peut prévoir un cadre différent.

À défaut d’accord, la majoration est de 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires (36e à 43e) et de 50 % à partir de la 44e heure. Un accord d’entreprise ou de branche peut fixer d’autres taux, d’au moins 10 %.

En principe non : le trajet entre le domicile et le chantier n’est pas du temps de travail effectif, mais il ouvre droit à une contrepartie s’il dépasse le temps normal de trajet. Le temps de trajet entre deux lieux de travail, par exemple entre deux chantiers, constitue un temps de travail effectif.

Quand les salariés n’ont pas le même horaire collectif affiché, l’employeur doit décompter chaque jour et chaque semaine les heures de chacun. En cas de litige, la preuve est partagée : le salarié présente des éléments précis, l’employeur fournit au juge ceux qui justifient les horaires réalisés.

Les sources ne concordent pas. La FFB et le Code du travail numérique retiennent 180 heures, 145 heures en cas d’annualisation selon la FFB ; le texte consolidé de l’accord du 6 novembre 1998 sur Légifrance affiche 265 heures, 300 heures sans annualisation. Vérifiez le contingent applicable auprès de votre organisation professionnelle ou de votre expert-comptable. Au-delà, chaque heure ouvre droit, à défaut d’accord, à une contrepartie en repos de 50 % (20 salariés au plus) ou 100 % (plus de 20 salariés).

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