Le salarié qui ne reçoit pas son solde de tout compte dans les temps dispose de trois niveaux de recours : la mise en demeure, la conciliation amiable et la saisine du Conseil de prud’hommes. Il est recommandé de procéder par étapes pour maximiser ses chances d’obtenir rapidement satisfaction.
Étape 1 : la mise en demeure par courrier recommandé
La première démarche consiste à adresser une lettre recommandée avec accusé de réception à l’ancien employeur. Ce courrier doit rappeler l’obligation de remise immédiate, mentionner les articles L. 1234-19 et L. 1234-20 du Code du travail, et fixer un délai raisonnable (généralement 8 jours).
Dans le BTP, il est fréquent que le retard soit dû à un manque d’organisation administrative plutôt qu’à une mauvaise foi. La mise en demeure suffit souvent à débloquer la situation dans les PME.
Étape 2 : la conciliation amiable ou la médiation
Si la mise en demeure reste sans effet, le salarié peut saisir un conciliateur de justice (gratuit) ou proposer une médiation conventionnelle. Cette étape, peu coûteuse, permet de trouver un accord sans passer par le tribunal.
Étape 3 : la saisine du Conseil de prud’hommes
En dernier recours, le salarié peut saisir les prud’hommes. Depuis 2020, la procédure peut être initiée en ligne via le site du service-public.fr. Le délai de prescription est de 3 ans à compter de la date à laquelle le solde aurait dû être remis.
Le salarié devra prouver le retard (contrat, date de fin, absence de remise) et justifier son préjudice (relevés bancaires, courriers France Travail, etc.).