Tout déplacement réalisé pendant le temps de travail, sur ordre de l’employeur, est du temps de travail effectif. Cela couvre les déplacements entre deux chantiers dans la même journée, le passage au dépôt pour charger du matériel avant d’aller sur le chantier, ou un trajet depuis le siège vers un site sur consigne du conducteur de travaux. Ces minutes-là se décomptent en heures travaillées sur la feuille d’heures BTP, comme n’importe quelle heure de pose ou de coffrage.
Les cas terrain les plus fréquents
Le compagnon arrive au dépôt à 7h, charge le camion, prend la route à 7h45 pour atteindre le chantier à 8h30. Il pointe à 7h. Tout est temps de travail. Sur un chantier de gros œuvre en région lyonnaise, un conducteur de travaux nous confiait récemment que ce détail leur faisait gagner en clarté avec les ouvriers, qui ne comprenaient pas pourquoi certains trajets étaient comptés et d’autres pas.
Idem pour les inter-chantiers : le maçon termine le chantier A à 11h30, prend la route, arrive au chantier B à 12h. Ces 30 minutes sont du temps de travail. Elles doivent figurer sur la feuille d’heures, avec une affectation au chantier B le plus souvent (ou ventilation 50/50 selon la pratique de l’entreprise).
Ce que cela change concrètement sur la feuille d’heures
Une feuille d’heures BTP bien tenue distingue clairement trois compteurs :
| Type |
Inclus dans heures travaillées |
Donne droit à indemnité |
| Trajet domicile-chantier habituel |
Non |
Oui (indemnité de trajet CCN BTP) |
| Déplacement entre deux chantiers |
Oui |
Non (intégré au salaire horaire) |
| Trajet exceptionnellement long |
Non, mais compensé |
Oui (compensation + indemnité) |
| Grand déplacement |
Non (sauf inter-chantiers) |
Oui (indemnité de grand déplacement) |
Pour aller plus loin sur le calcul concret des indemnités, consultez notre guide complet sur les primes de déplacement dans le BTP, qui détaille les barèmes de zones et les conditions d’exonération URSSAF.