Quel est le complément de salaire maladie ?

Aude Pretrelini
Aude Pretrelini
Publié le : 11 mai 2026
Mis à jour le : 8 juin 2026
ActualitésQuel est le complément de salaire maladie ?
Salarié travaillant dans un bureau moderne illustrant le complément de salaire maladie et le maintien de salaire en cas d'arrêt maladie.
9 min

Points clés :

  • Le complément de salaire maladie est versé par l’employeur en plus des indemnités journalières de la Sécurité sociale, sous conditions d’ancienneté.
  • En 2026, le plafond des IJSS est calculé sur 1,8 SMIC, soit environ 53,31 € brut/jour maximum.
  • La convention collective du BTP prévoit un maintien à 100 % dès le 1er jour pour les ouvriers ayant 1 an d’ancienneté.
  • Les PME du BTP doivent anticiper le coût du complément patronal pour maîtriser leur trésorerie chantier.
  • Un suivi digital des absences (pointage, feuilles d’heures) simplifie le calcul et réduit les erreurs de paie.

Définition : le complément de salaire maladie désigne la part de rémunération que l’employeur verse au salarié en arrêt maladie, en complément des indemnités journalières versées par la CPAM. Selon la DARES (2025), le secteur du BTP enregistre un taux d’absentéisme de 7,4 %, supérieur à la moyenne nationale. Pour les PME du bâtiment, comprendre ce mécanisme est donc un enjeu financier majeur. Cet article vous livre toutes les règles applicables en 2026, avec un focus PME et BTP, appuyé par les données les plus récentes. L’équipe TIM Management a compilé ici les informations essentielles pour les dirigeants et gestionnaires RH.

Que vous soyez conducteur de travaux, chef d’entreprise ou responsable paie, découvrez comment calculer, verser et optimiser le complément de salaire en cas d’arrêt maladie, étape par étape.

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Définition du complément de salaire maladie en 2026

Le complément de salaire maladie est l’obligation légale faite à l’employeur, prévue aux articles L.1226-1 et D.1226-1 du Code du travail, de maintenir une partie du salaire du salarié en arrêt maladie, en complément des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS), dès lors que le salarié justifie d’un an d’ancienneté et a transmis son arrêt dans les 48 heures.

Deux niveaux de protection se cumulent

Le premier niveau correspond aux IJSS versées par la CPAM. En 2026, selon le site ameli.fr, elles représentent 50 % du salaire journalier de base, plafonnées à 1,8 SMIC.

Le second niveau est le complément employeur. Le Code du travail impose un maintien à 90 % du salaire brut pendant les 30 premiers jours, puis à 66,66 % les 30 jours suivants (durées modulées selon l’ancienneté).

  • Délai de carence légal : 7 jours (sauf convention collective plus favorable).
  • Ancienneté requise : 1 an minimum dans l’entreprise.
  • Obligation de transmission : arrêt envoyé sous 48 heures à la CPAM et à l’employeur.

Ce cadre constitue un socle minimal. Les conventions collectives du BTP, comme nous le verrons, améliorent sensiblement ces conditions. Pour un rappel sur les arrêts de courte durée, consultez notre guide sur l’arrêt maladie courte durée dans le BTP.

Conditions d’éligibilité au maintien de salaire pour les salariés du BTP

Dans le BTP, les conditions d’éligibilité au complément de salaire maladie varient selon le statut du salarié — ouvrier, ETAM ou cadre — et la convention collective applicable (CCN Bâtiment ou Travaux Publics), avec des seuils d’ancienneté souvent plus avantageux que le droit commun.

Ouvriers du bâtiment : des règles spécifiques

La convention collective nationale des ouvriers du Bâtiment (entreprises de plus de 10 salariés) prévoit un complément patronal dès le premier jour d’arrêt pour les ouvriers ayant au moins un an d’ancienneté, supprimant ainsi le délai de carence de 7 jours du Code du travail.

Selon la version consolidée sur Légifrance (2025), le maintien atteint 100 % du salaire net pendant 45 jours pour un ouvrier ayant entre 1 et 5 ans d’ancienneté, puis passe à 75 % pour les 30 jours suivants.

Ancienneté Maintien à 100 % (jours) Maintien à 75 % (jours)
1 à 5 ans 45 30
5 à 10 ans 60 30
10 à 15 ans 75 30
Plus de 15 ans 90 30

ETAM et cadres : des garanties renforcées

Les ETAM et cadres du BTP bénéficient généralement d’un maintien à 100 % dès le premier jour d’absence, sans délai de carence, grâce aux régimes de prévoyance obligatoires (PRO BTP). Pour en savoir plus sur les grilles de rémunération associées, consultez notre article sur la grille de salaire BTP en 2026.

Comment calculer le complément de salaire maladie ?

Pour calculer le complément de salaire maladie en 2026, l’employeur doit soustraire les IJSS du montant de maintien conventionnel (90 % ou 100 % du salaire net selon la CCN applicable), en tenant compte du délai de carence et de la durée d’indemnisation liée à l’ancienneté du salarié.

Étape 1 : déterminer le salaire journalier de référence

Prenez le salaire brut des 3 derniers mois précédant l’arrêt. Divisez par 91,25 (nombre de jours calendaires moyens sur un trimestre). En 2026, pour un ouvrier BTP gagnant 2 400 € brut/mois, le salaire journalier de base est d’environ 78,90 €.

Étape 2 : calculer les IJSS

La CPAM verse 50 % du salaire journalier de base, soit environ 39,45 € dans notre exemple. Le plafond 2026 est fixé à environ 53,31 € brut/jour (50 % de 1,8 × SMIC mensuel / 30,42).

Étape 3 : calculer le complément employeur

Si la CCN BTP prévoit un maintien à 100 % du net, l’employeur verse la différence entre le salaire net journalier et les IJSS nettes perçues par le salarié. Sur notre exemple :

  • Salaire net journalier estimé : ~62 €
  • IJSS nettes (après CSG/CRDS) : ~36,50 €
  • Complément employeur : ~25,50 €/jour

Ce calcul doit être ajusté chaque mois en fonction des IJSS réellement versées. Un outil de calcul du temps de travail comme celui proposé par TIM Management permet de fiabiliser le suivi des jours d’absence et d’éviter les écarts en paie.

Étape 4 : vérifier la subrogation

L’employeur peut pratiquer la subrogation : il avance les IJSS au salarié et se fait rembourser directement par la CPAM. Cette pratique, quasi systématique dans les PME du BTP selon la FFB, simplifie la gestion mais nécessite un suivi rigoureux de trésorerie.

Quel impact financier du complément maladie pour les PME du BTP ?

Pour une PME du BTP de 15 salariés, le coût annuel moyen du maintien de salaire maladie représente entre 2 % et 4 % de la masse salariale totale, selon les données 2025 de la FFB, en raison d’un taux d’absentéisme structurellement élevé dans les métiers physiques du bâtiment.

Le poids de l’absentéisme dans le BTP

Selon le baromètre 2025 de l’OPPBTP, les arrêts maladie dans le BTP durent en moyenne 35 jours, contre 22 jours dans le tertiaire. Les troubles musculosquelettiques (TMS) et les accidents de chantier expliquent cette surreprésentation.

Pour une PME comptant 15 ouvriers avec un salaire brut moyen de 2 400 €, un seul arrêt de 45 jours peut générer un coût employeur direct (complément + charges) supérieur à 2 500 €, sans compter le coût indirect lié au remplacement sur chantier.

Comment maîtriser ces coûts ?

  • Prévoyance complémentaire : le régime PRO BTP couvre une partie du complément au-delà de la période légale. Vérifiez vos garanties chaque année.
  • Suivi digital des absences : un pointage fiable et en temps réel sur chantier permet de détecter rapidement les dérives. TIM Management propose un pointage digital mobile sur chantier qui automatise la remontée des absences.
  • Prévention : investir dans la prévention des TMS réduit le nombre d’arrêts. Selon l’OPPBTP, les entreprises engagées dans une démarche de prévention réduisent leur absentéisme de 20 à 30 %.

Pour comprendre le lien entre absentéisme et coûts chantier, consultez notre méthode de calcul du taux d’absentéisme.

Versement du complément maladie : subrogation, bulletin de paie et délais

Le complément de salaire maladie apparaît sur le bulletin de paie du salarié, soit en mode subrogation (l’employeur avance IJSS + complément puis se fait rembourser par la CPAM), soit en mode direct (le salarié perçoit séparément les IJSS et le complément employeur).

La subrogation : mode privilégié dans le BTP

La subrogation est recommandée par la plupart des experts-comptables spécialisés BTP. Elle garantit au salarié un versement unique, sans décalage de trésorerie personnelle. En contrepartie, l’employeur supporte un délai de remboursement CPAM qui varie de 15 à 30 jours en 2026, selon le flux DSIJ (Déclaration de Salaire pour les Indemnités Journalières).

Mentions obligatoires sur le bulletin de paie

Depuis janvier 2025, le bulletin de paie simplifié doit faire apparaître distinctement :

  • Le montant brut des IJSS subrogées
  • Le montant du complément employeur
  • Les retenues CSG/CRDS sur les IJSS
  • Le net versé au salarié

Un logiciel de gestion des feuilles d’heures BTP facilite la transmission des données d’absence au service paie et réduit le risque d’erreur de saisie, particulièrement dans les PME sans service RH dédié.

Délai de carence et exceptions

En droit commun, le complément employeur démarre après 7 jours de carence. Dans le BTP, la convention collective supprime ce délai pour les ouvriers à partir d’un an d’ancienneté. En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, aucun délai de carence ne s’applique, ni côté CPAM ni côté employeur.

Complément maladie et convention, ce qui change pour les PME

En 2026, les partenaires sociaux du BTP ont revalorisé les seuils de la grille de prévoyance PRO BTP, avec une augmentation de 2,1 % des cotisations pour les entreprises de moins de 50 salariés, afin de maintenir le niveau de couverture complémentaire face à l’inflation des dépenses de santé.

Les évolutions réglementaires à retenir

Depuis le 1er janvier 2026, plusieurs ajustements impactent les PME du BTP :

  • Revalorisation du SMIC : le SMIC brut mensuel passe à environ 1 826 € au 1er janvier 2026, modifiant le plafond des IJSS.
  • Déclaration en DSN : la signalisation des arrêts maladie via la DSN (Déclaration Sociale Nominative) est désormais obligatoire sous 5 jours, contre 7 auparavant.
  • Contrôle renforcé : l’Assurance Maladie a annoncé en 2025 un plan de contrôle ciblant les arrêts de longue durée dans le BTP, avec 15 000 contre-visites programmées en 2026.

L’importance d’un suivi temps réel

Dans ce contexte de contrôle accru, disposer d’un historique précis des heures et des absences est indispensable. Un outil comme TIM Management permet de centraliser le pointage chantier, les plannings ouvriers et les feuilles d’heures, offrant une traçabilité complète en cas de contrôle CPAM ou URSSAF.

Pour optimiser vos plannings en fonction des absences maladie, découvrez notre module de plannings ouvriers BTP.

Le complément de salaire maladie est un mécanisme central pour les PME du BTP : entre obligations légales, dispositions conventionnelles avantageuses et enjeux de trésorerie, sa maîtrise est indispensable en 2026. Retenez que la convention BTP supprime souvent le délai de carence et porte le maintien à 100 % du net, mais que le coût pour l’employeur reste significatif. Un suivi digital précis des absences et du temps de travail sur chantier est le meilleur levier pour sécuriser vos paies et anticiper vos charges. Découvrez comment TIM Management simplifie la gestion des absences et du pointage en demandant une démo gratuite.

Aude Pretrelini

Rédigé par

Aude Pretrelini

La sniper du contenu RH, elle transforme le droit du travail en phrases que même ton boss comprend. Depuis 2022, elle pilote la stratégie édito comme une cheffe d’orchestre, rédige des articles ultra pratico-pratiques pour dirigeants, RH et managers, et résume les galères sociales & légales comme si c’était de la poésie. Un seul objectif, que personne ne dise plus jamais ‘j’ai pas compris la loi’.

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Questions fréquentes

Oui, le complément de salaire maladie est obligatoire pour toute entreprise du BTP dès lors que le salarié justifie d’un an d’ancienneté. La convention collective du Bâtiment impose même des conditions plus favorables que le Code du travail, notamment la suppression du délai de carence de 7 jours pour les ouvriers.

Dans le BTP, le délai de carence employeur est supprimé pour les ouvriers ayant au moins un an d’ancienneté : le complément de salaire est versé dès le premier jour d’arrêt maladie. En droit commun hors convention, le délai de carence est de 7 jours avant tout maintien patronal.

La subrogation permet à l’employeur d’avancer au salarié l’intégralité de sa rémunération maintenue (IJSS + complément patronal), puis de se faire rembourser les IJSS directement par la CPAM. Ce mécanisme simplifie la gestion pour le salarié mais crée un décalage de trésorerie de 15 à 30 jours pour la PME.

Le complément de salaire versé par l’employeur est soumis aux cotisations sociales (charges patronales et salariales) comme un salaire classique. En revanche, les IJSS versées par la CPAM ne supportent que la CSG et la CRDS, à des taux réduits de 6,2 % et 0,5 % respectivement.

La durée du maintien de salaire dans le BTP dépend de l’ancienneté du salarié. Pour un ouvrier avec 1 à 5 ans d’ancienneté, le maintien à 100 % du net dure 45 jours, suivi de 30 jours à 75 %. Ces durées augmentent par paliers jusqu’à 90 jours à 100 % pour plus de 15 ans d’ancienneté.

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