Quel est le complément de salaire maladie ?

Aude Pretrelini
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Mis à jour le : Plafond des IJ 2026, règles de la convention IDCC 1597, exemple de calcul, subrogation et DSN corrigés ; statistiques sans source retirées.
Actualités›Quel est le complément de salaire maladie ?
Salarié travaillant dans un bureau moderne illustrant le complément de salaire maladie et le maintien de salaire en cas d'arrêt maladie.
9 min

Points clés :

  • Le Code du travail impose un complément de salaire aux salariés ayant un an d’ancienneté : 90 % puis deux tiers de la rémunération brute, après 7 jours de carence.
  • Les indemnités journalières (IJ) sont égales à 50 % du salaire journalier de base ; pour les arrêts à compter de juillet 2026, elles ne peuvent pas dépasser 42,97 € bruts par jour.
  • Pour les ouvriers du bâtiment (plus de 10 salariés), la convention prévoit 3 jours de carence, puis 100 % du salaire pendant 45 jours et 75 % jusqu’au 90e jour.
  • Le complément versé par l’employeur est soumis aux cotisations comme un salaire ; les IJ supportent la CSG et la CRDS.

Définition : le complément de salaire maladie désigne la part de rémunération que l’employeur verse au salarié en arrêt maladie, en complément des indemnités journalières versées par la CPAM. Cet article présente les règles applicables en 2026, avec un focus sur les PME du BTP et les textes à consulter.

Que vous soyez conducteur de travaux, chef d’entreprise ou responsable paie, découvrez comment calculer et verser le complément de salaire en cas d’arrêt maladie, étape par étape.

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Qu’est-ce que le complément de salaire maladie en 2026 ?

Le complément de salaire maladie est l’indemnité que l’employeur doit verser, en plus des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS), au salarié en arrêt maladie qui justifie d’un an d’ancienneté et de son incapacité dans les 48 heures (article L1226-1 du Code du travail). La convention collective peut prévoir des règles plus favorables.

Deux niveaux de protection se cumulent

Le premier niveau correspond aux IJSS versées par la CPAM. Selon le site ameli.fr, elles représentent 50 % du salaire journalier de base, dans la limite de 1,4 fois le Smic mensuel : pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026, le salaire est retenu dans la limite de 2 613,83 € bruts et l’IJ ne peut pas dépasser 42,97 € bruts par jour.

Le second niveau est le complément employeur. Le Code du travail impose un maintien à 90 % de la rémunération brute pendant les 30 premiers jours, puis aux deux tiers les 30 jours suivants (article D1226-1) ; ces durées augmentent avec l’ancienneté (Service-Public, fiche F3053).

  • Délai de carence légal : 7 jours, sauf accident du travail ou maladie professionnelle (article D1226-3), et sauf convention ou accord plus favorable.
  • Ancienneté requise : 1 an dans l’entreprise (article L1226-1).
  • Justification : l’incapacité doit être justifiée dans les 48 heures.

Ce cadre constitue un socle minimal. Les conventions collectives du BTP, comme nous le verrons, prévoient des conditions plus favorables. Pour un rappel sur les arrêts de courte durée, consultez notre guide sur l’arrêt maladie courte durée dans le BTP.

Quelles conditions pour le maintien de salaire des salariés du BTP ?

Dans le BTP, les conditions du complément de salaire maladie dépendent de la convention collective applicable au salarié (ouvrier, ETAM ou cadre, bâtiment ou travaux publics). Pour les ouvriers du bâtiment des entreprises de plus de 10 salariés, la convention demande seulement 1 ou 3 mois d’ancienneté, contre un an dans le Code du travail.

Ouvriers du bâtiment : des règles spécifiques

La convention collective nationale des ouvriers du bâtiment (entreprises de plus de 10 salariés, IDCC 1597) indemnise les ouvriers qui justifient de 1 mois d’ancienneté s’ils ont moins de 25 ans ou sont apprentis, et de 3 mois à partir de 25 ans, ou 1 mois s’ils ont acquis au moins 750 points de retraite CNRO dans les 10 dernières années (article 6.121).

L’indemnité est versée après un délai de 3 jours d’arrêt, qui joue à chaque arrêt, sauf accident du travail ou maladie professionnelle. Elle est calculée sur la base de 1/30 du dernier salaire mensuel, pour chaque jour d’arrêt, et complète les IJSS (articles 6.131 à 6.133, Légifrance). Les taux ne dépendent pas de l’ancienneté :

Cause de l’arrêt Complément jusqu’à 100 % du salaire Complément jusqu’à 75 % ou 90 % du salaire
Maladie ou accident non professionnels du 4e au 48e jour (45 jours) 75 % du 49e au 90e jour
Accident du travail ou maladie professionnelle, arrêt de 30 jours au plus du 16e au 30e jour 90 % du 1er au 15e jour
Accident du travail ou maladie professionnelle, arrêt de plus de 30 jours du 1er au 90e jour —

ETAM et cadres : des garanties renforcées

Les ETAM et les cadres du bâtiment relèvent de leurs propres conventions collectives nationales (ETAM, IDCC 2609 ; cadres, IDCC 2420) : les conditions et la durée du maintien de salaire se vérifient dans la convention applicable, le Code du travail s’appliquant à défaut de règle plus favorable. Pour en savoir plus sur les grilles de rémunération associées, consultez notre article sur la grille de salaire BTP en 2026.

Comment calculer le complément de salaire maladie ?

Pour calculer le complément de salaire maladie, l’employeur part du montant garanti par la convention ou par le Code du travail et en déduit le montant brut des IJSS. Il tient compte du délai de carence, de la durée d’indemnisation et du taux applicable à chaque période de l’arrêt.

Étape 1 : déterminer le salaire journalier de référence

Pour un salarié payé au mois, le salaire journalier de base est égal au total des 3 derniers salaires bruts divisé par 91,25 (Service-Public, fiche F3053). Exemple : pour un ouvrier du bâtiment payé 2 400 € brut par mois, 7 200 € ÷ 91,25 = 78,90 €.

Étape 2 : calculer les IJSS

La CPAM verse 50 % du salaire journalier de base, soit 39,45 € bruts par jour dans notre exemple. Ce montant reste sous le maximum de 42,97 € bruts applicable aux arrêts prescrits à compter de juillet 2026 (ameli.fr).

Étape 3 : calculer le complément employeur

Pour un ouvrier relevant de la convention IDCC 1597, l’indemnité est calculée sur 1/30 du dernier salaire mensuel et complète les IJSS jusqu’à 100 % du salaire pendant 45 jours (article 6.13). Le montant brut des IJSS est déduit du complément (Urssaf). Sur notre exemple :

  • Salaire journalier conventionnel : 2 400 € ÷ 30 = 80 €
  • IJSS brutes : 39,45 €
  • Complément employeur : 80 − 39,45 = 40,55 € bruts par jour, du 4e au 48e jour

Du 49e au 90e jour, la garantie passe à 75 % du salaire : 60 − 39,45 = 20,55 € bruts par jour.

Étape 4 : vérifier la subrogation

Avec la subrogation, l’employeur maintient le salaire pendant l’arrêt et perçoit les IJ à la place du salarié ; le salaire maintenu doit être au moins égal au montant des IJ (ameli.fr). Elle simplifie le versement pour le salarié mais demande un suivi des remboursements.

Quel impact financier du complément maladie pour les PME du BTP ?

Le coût du complément maladie pour une PME du BTP dépend du salaire, de la durée de l’arrêt et de la convention applicable. Pour un ouvrier du bâtiment, la convention fait compléter les IJSS jusqu’à 100 % du salaire pendant 45 jours, puis 75 % jusqu’au 90e jour, et ce complément supporte les cotisations comme un salaire.

Le poids de l’absentéisme dans le BTP

Reprenons l’exemple d’un ouvrier du bâtiment payé 2 400 € brut par mois, en arrêt maladie de 90 jours : 45 jours × 40,55 € = 1 824,75 €, puis 42 jours × 20,55 € = 863,10 €, soit 2 687,85 € bruts de complément, avant cotisations patronales. Les compléments aux IJSS sont en effet soumis aux cotisations et contributions sociales de droit commun lorsque le contrat de travail n’est pas rompu (Urssaf).

À ce coût direct s’ajoute le coût indirect lié au remplacement sur chantier.

Comment maîtriser ces coûts ?

  • Prévoyance complémentaire : selon PRO BTP, le maintien de salaire pendant les 90 premiers jours est une obligation conventionnelle du BTP, que son contrat « Arrêt de travail » aide à mettre en place ; le contrat de prévoyance prend le relais au-delà du 90e jour (PRO BTP). Vérifiez vos garanties chaque année.
  • Suivi des absences : avec le pointage digital mobile sur chantier de Tim, les absences, congés ou retards se déclarent depuis le chantier, avec un suivi centralisé au bureau.

Pour comprendre le lien entre absentéisme et coûts chantier, consultez notre méthode de calcul du taux d’absentéisme.

Comment le complément maladie est-il versé : subrogation, bulletin et délais ?

Le complément de salaire maladie apparaît sur le bulletin de paie du salarié. Avec la subrogation, l’employeur maintient le salaire et perçoit les IJ à la place du salarié ; sans subrogation, le salarié perçoit les IJ de la CPAM et l’employeur lui verse seulement le complément.

La subrogation : mode privilégié dans le BTP

Avec la subrogation, le salarié reçoit un versement unique de son employeur. Le salaire maintenu doit être au moins égal au montant des IJ perçues pour la même période (ameli.fr). L’employeur transmet l’attestation de salaire dans les 5 jours suivant la réception de l’avis d’arrêt de travail (ameli.fr).

Les IJSS sur le bulletin de paie

En cas de subrogation, les IJSS sont des revenus de remplacement, qui ne suivent pas le régime social des salaires (Urssaf) :

  • le montant brut des IJSS est déduit du complément de salaire ;
  • les IJSS supportent la CSG (6,20 %) et la CRDS (0,50 %), précomptées par la caisse qui les verse ;
  • le montant net des IJSS est réintégré dans le salaire net.

Le logiciel de feuilles d’heures BTP de Tim permet de consulter les heures et les absences de chaque ouvrier, puis d’exporter les feuilles d’heures ou de les connecter au logiciel de paie.

Délai de carence et exceptions

En droit commun, le complément employeur démarre après 7 jours d’absence (article D1226-3). La convention des ouvriers du bâtiment (IDCC 1597) ramène ce délai à 3 jours. En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, aucun délai ne s’applique au complément ; pour un accident de trajet, la convention maintient le délai de 3 jours lorsque l’arrêt dure 30 jours au plus (article 6.131).

Que change la convention collective pour le complément maladie des PME ?

En 2026, les montants de référence évoluent avec le Smic : pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026, le salaire est retenu dans la limite de 2 613,83 € bruts et l’IJ ne peut pas dépasser 42,97 € bruts par jour. Les taux et durées du complément restent ceux du Code et de la convention.

Les évolutions réglementaires à retenir

Points à vérifier en 2026 :

  • Smic : 1 867,02 € brut par mois (Service-Public, fiche vérifiée le 1er juin 2026), base du plafond des IJ pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026 (ameli.fr).
  • Déclaration en DSN : en cas de subrogation, l’employeur transmet les éléments de salaire en DSN (signalement) dès réception de l’arrêt et au plus tard avec la DSN mensuelle du mois de l’arrêt (ameli.fr).

L’importance d’un suivi temps réel

Disposer d’un historique précis des heures et des absences facilite le calcul du complément et les échanges avec la CPAM.

Pour organiser vos plannings en fonction des absences maladie, découvrez notre module de plannings ouvriers BTP.

Le complément de salaire maladie combine les IJSS, le minimum du Code du travail et, souvent, des règles conventionnelles plus favorables. Pour les ouvriers du bâtiment des entreprises de plus de 10 salariés, la convention réduit la carence à 3 jours et garantit 100 % du salaire pendant 45 jours, puis 75 % jusqu’au 90e jour ; le coût pour l’employeur reste significatif. Pour échanger avec l’équipe de Tim sur le suivi des absences et du pointage, contactez-nous.

Sources

  1. Code du travail, art. L1226-1 (indemnité complémentaire : un an d'ancienneté, justification dans les 48 heures) (8 oct. 2026)
  2. Code du travail, art. D1226-1 (90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis deux tiers pendant 30 jours) (8 oct. 2026)
  3. Code du travail, art. D1226-3 (indemnisation au-delà de sept jours d'absence, sauf accident du travail ou maladie professionnelle) (8 oct. 2026)
  4. Service-Public, fiche F3053 « Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié » (vérifiée le 1er juin 2026 : calcul sur 91,25, durées selon l'ancienneté, carence de 7 jours) (8 oct. 2026)
  5. Ameli, « Arrêt maladie : indemnités journalières » (50 % du salaire journalier de base, limite de 1,4 Smic : 2 613,83 € et 42,97 € pour les arrêts à compter de juillet 2026, IJ dues à compter du 4e jour) (8 oct. 2026)
  6. Légifrance, convention collective nationale des ouvriers du bâtiment (plus de 10 salariés, IDCC 1597), articles 6.121 à 6.133 (ancienneté de 1 ou 3 mois, carence de 3 jours, base de 1/30, 100 % pendant 45 jours puis 75 % jusqu'au 90e jour, accidents du travail) (8 oct. 2026)
  7. Code du travail numérique, conventions collectives nationales des ETAM (IDCC 2609) et des cadres du bâtiment (IDCC 2420) (8 oct. 2026)
  8. Ameli, « La subrogation de salaire en cas d'arrêt de travail » (08/01/2026) (8 oct. 2026)
  9. Ameli, « Transmettre l'attestation de salaire : dans quels délais et pourquoi ? » (5 jours, signalement en DSN) (8 oct. 2026)
  10. Urssaf, « Les revenus de remplacement » (IJSS : CSG 6,20 %, CRDS 0,50 % ; IJSS brutes déduites du complément ; compléments soumis aux cotisations de droit commun) (8 oct. 2026)
  11. PRO BTP, « Garantie arrêts de travail » (maintien de salaire des 90 premiers jours, obligation conventionnelle du BTP) (8 oct. 2026)
  12. Service-Public, fiche F2300 « Smic » (vérifiée le 1er juin 2026 : 1 867,02 € brut par mois) (8 oct. 2026)
Aude Pretrelini

Rédigé par

Aude Pretrelini

La sniper du contenu RH, elle transforme le droit du travail en phrases que même ton boss comprend. Depuis 2022, elle pilote la stratégie édito comme une cheffe d’orchestre, rédige des articles ultra pratico-pratiques pour dirigeants, RH et managers, et résume les galères sociales & légales comme si c’était de la poésie. Un seul objectif, que personne ne dise plus jamais ‘j’ai pas compris la loi’.

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Méthode

Rédigé avec assistance IA. Article rédigé avec assistance IA (pipeline du 11/05/2026), vérifié en entier le 08/10/2026 sur le Code du travail numérique, Légifrance (convention IDCC 1597), Service-Public, ameli.fr, l'Urssaf et PRO BTP ; plafond des IJ, règles conventionnelles et exemple de calcul corrigés ; statistiques sans source et promesses produit retirées.

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Questions fréquentes

Oui. Le Code du travail impose un complément de salaire au salarié qui a un an d’ancienneté et justifie de son arrêt dans les 48 heures. Pour les ouvriers du bâtiment des entreprises de plus de 10 salariés, la convention est plus favorable : 1 ou 3 mois d’ancienneté suffisent et le délai de carence est de 3 jours.

En droit commun, le complément employeur est versé après 7 jours d’absence, sauf accident du travail ou maladie professionnelle. Pour les ouvriers du bâtiment des entreprises de plus de 10 salariés, la convention prévoit un délai de 3 jours à chaque arrêt, supprimé en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle.

Avec la subrogation, l’employeur maintient le salaire pendant l’arrêt et perçoit les indemnités journalières à la place du salarié. Le salaire maintenu doit être au moins égal au montant des IJ de la même période. L’employeur transmet l’attestation de salaire dans les 5 jours suivant la réception de l’avis d’arrêt.

Oui. Les compléments aux IJSS versés par l’employeur sont soumis aux cotisations et contributions sociales de droit commun lorsque le contrat de travail n’est pas rompu. Les IJSS, elles, sont des revenus de remplacement soumis à la CSG au taux de 6,20 % et à la CRDS au taux de 0,50 %, précomptées par la caisse.

Pour les ouvriers du bâtiment des entreprises de plus de 10 salariés, le complément couvre 100 % du salaire du 4e au 48e jour, puis 75 % jusqu’au 90e jour, quelle que soit l’ancienneté. Le Code du travail prévoit au minimum 30 jours à 90 % puis 30 jours aux deux tiers, durées allongées avec l’ancienneté.

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